De repente, el otro

                                                                                                                [English below]  [Français au dessous]

 

De repente, me he encontrado con la mirada del otro... quizás me estaba esperando o quizás la estaba buscando yo de forma inconsciente o totalmente consciente, ni yo misma lo sé. Caminar siempre mirando hacia el suelo, ese es mi afán. Pontevedra, Santiago de Compostela, Madrid y Lyon (Francia) han sido, por el momento, los lugares de encuentro, de conocimientos y de autorreconocimiento.

A lo largo de al menos un par de años me he ido encontrando fotografías tipo carnet, de gente totalmente ajena a mí, perdidas en el suelo, quizás tan perdidas como yo cuando de repente me las he encontrado. La casualidad del encuentro ha hecho de la experiencia un cara a cara real, esos otros realmente me estaban esperando, me estaban mirando, a mí.

La identidad personal se construye a partir de la mirada del otro que nos complementa y al mismo tiempo nos objetiva, tomando así consciencia de nosotros mismos, existimos. No somos seres completos, necesitamos de un alguien que forme parte de nosotros, un alguien por el que ver y por el cual ser vistos.

Dibujando los rostros de las fotografías encontradas trato de buscarme a mí misma, me autorretrato a través de su propia identidad. Manteniendo mi rostro como fotografía superpongo los trazos del dibujo como una máscara por la cual yo veo, me escondo, me camuflo, me protejo…. una máscara de un otro que me complementa, me constituye y me guía.

Se trata de un proyecto en continuo estado de ampliación ya que donde quiera que vaya no he parado de encontrarme con otros que me están mirando.

 

[English]

Suddenly, the other one.

Suddenly, I met the eyes of others… maybe I was expecting or perhaps was looking totally unconscious or conscious, even I know. Walking always looking down, that’s my desire. Pontevedra, Santiago de Compostela, Madrid and Lyon have been, for the time being, the meeting places of knowledge and self-recognition.

Throughout a couple of years ago I‘ve been finding passport size photographs of people totally alien to me, lost in the ground, perhaps as lost as I was when I suddenly I found them. The chance of meeting has made the experience a face to real face, that other I were really hopping, were looking at me.

Personal identity is constructed from the gaze into each other’s eyes that complement us while we objectively and becoming aware of ourselves, we exist. We are not complete beings; we need some one who is part of us, someone for whom to see and where to be seen. drawing the faces of the photographs found trying to get me to myself, myself-portrait through their own identity. Keeping my face as photography superimpose the lines of the drawing as a mask through which I see, I hide, camouflaged me, protect me…. Another mask that compliments me is me and guides me.

This is a project inconstant state of expansion since every where I goI have not stopped to meet with others who are watching me.

 

[Français]

Tout à coup, l’autre. 
Tout à coup, je me suis retrouvé face au regard de l’autre … peut-être m´attendait-il ou peut-être c’était moi qui le cherchais d’une façon inconsciente ou totalement consciente, je ne le sais ni moi-même. Marcher tout en regardant parterre, c’est mon ardeur. Pontevedra, Saint-Jacques-de-Compostelle, Madrid et Lyon ont été, pour l’instant, les lieux de rencontre, de connaissance et d’auto-reconnaissance.
Pendant au moins une paire d’années, j’ai trouvé des photos d’identité de personnes totalement étrangères à moi perdues sur le sol, peut-être aussi perdues que moi, lorsque je les ai trouvés tout à coup. Le hasard de la rencontre a fait de l’expérience un réel face à face, eux-mêmes m’attendaient réellement, me regardaient, moi.
L’identité personnelle est construite à partir du regard de l’autre qui nous complète et en même temps nous objective, prenant ainsi conscience de nous- mêmes, nous existons. Nous ne sommes pas des êtres complets, nous avons besoin de quelqu’un qui fasse partie de nous, quelqu’un par qui voir et par lequel être vu.
En dessinant les visages des photographies trouvées j’essaie de me retrouver moi-même, je fais mon autoportrait à travers leur propre identité. En maintenant mon visage comme photographie je superpose les traits du dessin comme un masque à travers duquel je vois, je me cache, me camoufle, me protège… un masque de l’autre qui me complète, me constitue et me guide.
Il s’agit d’un projet en continu processus d’évolution puisque où je veuille que j’aille je n’ai pas arrêté de me trouver avec autres qui me regardent.